Lundi 22 janvier 2007

Je suis allé voir le deuxième opus de la trilogie sanguinaire de Mel Gibson... Ma conclusion en sortant de la salle est que ce type est dangereux!

Je ne sais pas vraiment oú il veut en venir avec ce film, quelle parabole biscornue il essaye de nous signifier, mais prendre des libertés aussi scandaleuses avec l’histoire est intolérable. Avant d’aller voir ce film, je vous conseille vivement de réviser l’histoire VRAIE des civilisations précolombiennes : alors que l'Europe était encore plongée à l'âge des ténèbres, ce peuple brillant pratiquait la cosmographie, avait inventé ce qui demeure encore aujourd'hui le seul système d'écriture indigène aux Amériques, maîtrisait la science des mathématiques et de l'astronomie et s'adonnait à la computation du temps.

Au lieu de cela, Mel Gibson nous présente les Mayas comme un peuple d’assassins assoiffés de sang et de sacrifices humains. Cela me parait un délit de révisionnisme plus que condamnable. Il faut le voir pour le croire… Les Mayas revisités par Gibson sont des êtres odieux, méchants, mus par le plaisir de tuer, de saccager, d’amonceler les corps trucidés de leurs victimes. Ils sont  des collectionneurs de corps mutilés et de crânes humains, au lieu de l’eau courante ils auraient inventé le sang courant dans toute leurs villes. Plus qu’horrifiant, cette indigestion de sang est pathétique!!! Et par dessus le marché, la dernière scène du film nous montre Christophe Colomb qui débarque de sa caravelle (maudite), avec sa longue barbe de Papa Noël, le regard bon, accompagné par un prêtre soulevant une croix, et pour terminer la scène en beauté, le sauvage indien s’exclame a la vue de ce spectacle : “nous devons prendre un nouveau départ!”… Mon Dieu ! C’est le révisionnisme le plus vicieux qu’il m’ait été donné de voir. Les Espagnols ont commis le plus grand génocide de l’histoire de l’humanité en arrivant en terre d’Amérique Latine et voila que notre Saint Gibson nous les présente comme les salvateurs divins. C’est comme les américains qui arrivent en Irak pour libérer les sauvages musulmans en brandissant le sceptre de la démocratie civilisée. C’est peut être celle-là la parabole de Gibson! Pour l’anecdote: alors que je m'enfuyais tout étourdi de salle de cinéma, la première personne que je croise á la sortie est une femme de ménage sud-américaine. Son visage était surprenant de ressemblance avec les Mayas du film, on aurait dit qu’elle sortait de l’écran. Elle était petite et rabougrie, le regard fier et brandissait son balai comme si d’une lance maya il s’agissait, pour attaquer le nettoyage de la salle: voila ce qu’ont fait les espagnols, ils ont amené la lumière du Christ à ces sauvages pour les guider sur le droit chemin, c'est à dire celui qui mène vers l'Europe... abandonner la jungle sauvage pour nettoyer les salles de cinéma. La voila ma parabole á moi!

Pathétique je vous dis!  

Par Iskander - Publié dans : Le Monde d' Iskander
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